Les écoles d'ingénieur en France

Un titre protégé et un réseau d'écoles habilitées

Le titre d'ingénieur diplômé n'est délivré que par les établissements habilités par la Commission des titres d'ingénieur, placée auprès du ministère chargé de l'enseignement supérieur. Environ 200 écoles disposent de cette habilitation, renouvelée tous les six ans au plus. Elles forment chaque année près de 40 000 diplômés. Le statut des établissements varie, écoles publiques sous tutelle ministérielle, écoles consulaires rattachées aux chambres de commerce, écoles privées associatives et écoles internes aux universités.

Voies d'admission

La classe préparatoire aux grandes écoles reste la voie la plus répandue. Deux années de formation en lycée mènent à des concours communs, Centrale Supélec, Mines Ponts, Polytechnique, CCINP ou e3a Polytech selon les filières scientifiques. Les écoles à cycle préparatoire intégré recrutent directement après le baccalauréat, par dossier et entretien, parfois par un concours commun comme Geipi Polytech, Avenir ou Advance. Les titulaires d'un BUT, d'une licence ou d'un BTS entrent sur titres, en deuxième ou en troisième année. La validation des acquis de l'expérience ouvre une dernière voie, réservée aux candidats justifiant d'au moins trois ans de fonctions d'ingénieur.

Organisation des études

La formation conduisant au titre représente cinq années après le baccalauréat, dont trois dans l'école elle-même, et confère le grade de master. Le cursus associe les sciences fondamentales, les sciences de l'ingénieur, les sciences humaines et économiques, les langues et la pratique professionnelle. La Commission des titres impose un volume minimal de stages, en général huit mois sur l'ensemble du cursus, dont un stage long en dernière année. Une période à l'étranger, en études ou en entreprise, est exigée par la plupart des écoles.

Apprentissage et formation continue

L'apprentissage concerne environ un diplômé sur cinq. L'apprenti alterne les périodes en école et en entreprise selon un rythme défini par le centre de formation, signe un contrat de travail et perçoit une rémunération calculée sur un pourcentage du SMIC variable avec l'âge et l'année de contrat. Les frais de scolarité sont pris en charge par l'opérateur de compétences de la branche. La formation continue, souvent organisée en cours du soir ou en séquences bloquées, s'adresse aux techniciens et aux cadres en activité.

Spécialités et domaines de formation

Les écoles généralistes laissent choisir la spécialité en cours de cursus, les écoles spécialisées l'imposent dès l'entrée. L'informatique et les systèmes d'information rassemblent le plus grand nombre d'étudiants, devant la mécanique, le génie électrique et électronique, le génie industriel et le génie civil. La chimie, l'agronomie, l'agroalimentaire, l'énergie, les matériaux, l'aéronautique et les géosciences complètent le paysage. Certaines écoles préparent à des champs plus étroits, le textile, le papier, la géologie appliquée ou la sûreté nucléaire.

Coût des études et aides

Les frais de scolarité des écoles publiques sous tutelle du ministère de l'enseignement supérieur s'alignent sur les droits nationaux, de l'ordre de 600 euros par an pour le cycle ingénieur. Les écoles consulaires et privées pratiquent des tarifs compris entre 4 000 et 12 000 euros par an, avec des écarts importants selon les établissements. Les boursiers sur critères sociaux sont exonérés dans les écoles publiques. Les élèves des écoles de service public, Polytechnique, les Mines, les Ponts, l'ENSTA ou l'ENAC notamment, sont rémunérés pendant leur scolarité en contrepartie d'un engagement de service.

Classements et critères de choix

Les classements publiés par la presse spécialisée reposent sur des critères hétérogènes, sélectivité à l'entrée, salaire de sortie, part des diplômés en poste six mois après l'obtention du titre, ouverture internationale et moyens de recherche. Ces indicateurs ne mesurent ni la qualité de l'enseignement ni l'adéquation à un projet professionnel. Le réseau d'anciens élèves, les partenariats industriels, la localisation, la possibilité de double diplôme et les spécialités réellement ouvertes pèsent davantage dans un choix d'orientation.

Insertion professionnelle

L'enquête annuelle des Ingénieurs et scientifiques de France situe le salaire médian d'embauche autour de 38 000 euros bruts annuels, primes comprises. Le taux de chômage de la profession se maintient entre 3 et 4 pour cent, en dessous de la moyenne nationale. Le premier emploi est trouvé en moins de deux mois pour une large majorité des diplômés, et les trois quarts signent un contrat à durée indéterminée. L'industrie, les services informatiques et les bureaux d'études sont les trois premiers employeurs.